C’est l’histoire d’un paysage qui prend possesson de l’âme de celui qui s’y trouve. C’est un jardin hanté avec des arbres fantomatiques et des fleur qui se collent aux vêtements.
Les grilles se sont ouvertes, les gonds chantaient leur solitude. Les lichens et la rouille dévoraient tout, je crois.
J’ai pénétré les lieux dans un silence perlé de stèles en tubéreuses. A l’approche des cyprès je sentis mon coeur ralentir, mon sang se verglaçait, globules étoiles de givre. Soleil timide, rayons discrets; temps suspendu. Oiseaux martyrs. Cumulus jais. Les dalles luisaient sereines caressées par le ventre d’un lézard albinos. Quelques ifs et un cèdre. À l’ombre des chrysanthèmes roula une pierre blême, l’esprit avait cent siècles, mes pupilles fondirent aussitôt. Jamais je n’oublierai, les mots ont résonné fissurant les tympans en cuivres. Je voudrais aujoud’hui vous les confier enfin, ces mots lourds du secret qui aux morts appartient. Mais ma bouche est cousue et mon âme obstruée. Le cimetiére me visite, je ne sui plus promeneur ou rêveur égaré, je suis hanté, n’est-ce pas, le lieu de l’intérieur grignote raison humeurs volonté synapses foi. Mon âme lui appartient, c’est le prix à payer. Hélas pour moi.
Chloé Delaume pour Dévastée

 

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